Mustapha Tossalundi 20 novembre 2023 - 08:41
Dans le casting des crises régionales, il y a une conviction lourdement installée que les israéliens peuvent signer demain un accord de paix avec les palestiniens, que les partenaires de la crise libyenne, yéménite et libanaise peuvent peuvent s’entendre sur une solution commune de gouvernement, que l’Iran peut demain normaliser ses relations avec son voisinage arabe et même entretenir une relation de paix avec Israël, mais que les Marocains et Algériens ne pourront jamais, dans le contexte actuel, se réconcilier et enterrer leurs divergences.
Il est vrai que Rabat et Alger ne sont pas en guerre militaire ouverte pour évoquer un cessez le feu ou un accord de paix, mais les deux pays n’entretiennent aucune relation diplomatique, leurs frontières terrestres et espace aérien hermétiquement fermés. Entre les deux pays, un épais mur de Berlin sépare les deux sociétés au point de tuer tout espoir immédiat de voir un retour à la normale des relations.
Cette rupture ne date pas d’aujourd’hui. Elle est constitutive de la nouvelle Algérie indépendante. Mais la défiance à l’égard du Maroc et l’enfermement du régime algérien dans son antagonisme envers le Maroc a pris des proportions inédites depuis que le duo Tebboune/Chengriha gouvernent l’Algérie. Le point qui cristallise cette défiance envers le Maroc est le soutien permanent du régime algérien aux séparatistes du polisario.
Les Premiers ministres et les ministres des affaires étrangères changent en Algérie au gré des humeurs et des alliances au sein du sérail algérien, la priorité politique du régime demeure la même, mettre les ressources humaines et financières de l’Algérie au service de l’aventure du polisario. Pire que cela, l’ensemble du sérail diplomatique algérien n’a qu’un seul dossier, qu’une seule préoccupation, celle de défendre la milice du polisario. Ce soutien est tellement aveugle qu’il passe par pertes et fracas les intérêts même des Algériens.
Les exemples récents ne manquent pas. Pour le polisario, Alger avait provoqué une crise ouverte avec l’Espagne au risque d’aggraver les failles de son économie. Pour le polisario, Alger entretient des relations tendues avec les pays du golfe au point d’accentuer l’isolement du pays. Sur la scène arabe, le régime algérien prend l’allure d’un régime pestiféré comme le montrent ses absences répétées aux sommets arabes.
Pour le polisario, Alger confisque les intérêts vitaux de l’Union africaine. Les sommets de partenariats avec des grands pays comme le Japon, la Chine ou la Russie sont diminués dans leurs ambitions à cause de la présence non désirée du polisario. Récemment, un sommet entre la Ligue arabe et l’Union africaine qui devait se tenir à Ryad, sous parrainage de l’Arabie saoudite, a été annulé parce que le régime algérien voulait, avec son allié sud-africain, imposer la présence du polisario. Les investissements arabes structurants qui devaient animer les économies africaines ont été reportés aux calendes grecques pour cause d’obsession algérienne sur le polisario.
Cette radicalisation algérienne dans le soutien du polisario s’est aggravée en parallèle avec les performances diplomatiques qui ont arraché la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Plus Rabat marque des points, plus Alger se recroqueville sur son obsession séparatiste marocaine. Une posture d’autiste qui refuse tout dialogue avec le Maroc, ignore les mains tendues pour le dialogue et la réconciliation que tend le Roi Mohammed VI dans ses multiples discours.
La vraie raison de cet entêtement algérien est à trouver dans l’usage politique de cette crise par le régime algérien. Ce régime ne tient sa survie politique qu’au maintien de cette tension avec le Maroc. Le Ni-guerre Ni-paix de la relation avec le Maroc est une posture qui rend service aux militaires algériens pour maintenir leurs contrôles politiques et économiques sur la société algérienne. L’absence des libertés en Algérie et le maintien d’une économie de prédation ne sont possibles qu’en alimentant la fumeuse théorie de l’ennemi extérieur que représenterait le Maroc à travers ses soit-disant appétits territoriaux et son rapprochement avec Israël.
C’est deux arguments sont régulièrement utilisés par la propagande d’Etat algérien pour nourrir la haine populaire algérienne contre le Maroc. Le but affiché est d’éviter une solution politique à cette discorde entre le Maroc et l’Algérie dont le régime ne se voit nullement entretenir des relations normales avec le royaume.
La survie de ce régime devient intrinsèquement lié à l’état l’hostilité et de défiance envers le Maroc. La paix et le retour à la normale dans les relations entre Alger et Rabat signifie la fin de ce régime algérien dont le polisario est devenu l’assurance vie.
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