Mohamed Jaouad EL KANABImardi 24 octobre 2023 - 20:23
Les voix appelant à un cessez-le-feu n’ont pas été étouffées par le veto, opposé mercredi par les États-Unis, à une résolution présentée par le Brésil devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Elle a même pris de l’ampleur durant ce week-end, entre manifestations dans plusieurs grandes capitales mondiales et un sommet qui s’est tenu au Caire.
Cela dit, Israël a continué de bombarder la bande de Gaza avec des frappes aériennes lundi matin. L’aviation israélienne a lancé des attaques sur le sud du Liban dans la nuit, au moment où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a tenu une réunion avec de hauts commandants militaires et le cabinet de guerre pour évaluer l’escalade du conflit.
Les médias palestiniens ont rapporté que les attaques israéliennes se sont concentrées sur le centre et le nord de la bande de Gaza. Selon les médias, une frappe aérienne contre une maison proche du camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de Gaza, a entraîné la mort d’un certain nombre de Palestiniens et des blessés. En Cisjordanie occupée, le ministère palestinien de la Santé a annoncé lundi que deux Palestiniens avaient été tués dans le camp de réfugiés de Jalazoun, près de Ramallah.
Des résidents locaux ont déclaré que les forces israéliennes avaient pris d’assaut le camp et lancé une campagne d’arrestations massives, notamment des affrontements avec des hommes armés et des affrontements avec des jeunes hommes qui jetaient des pierres. L’armée israélienne n’a pas encore publié de déclaration sur l’incident. Les autorités sanitaires de Gaza ont déclaré qu’au moins 4 600 personnes avaient été tuées à la suite des bombardements israéliens en cours.
Deux semaines qui ont débuté après une attaque lancée le 7 octobre par le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) contre des villes du sud d’Israël, qui a entraîné la mort de 1 400 personnes et l’enlèvement de 212 personnes et leur évacuation vers Gaza. Le Hamas a déclaré dans un communiqué que le chef du bureau politique du mouvement, Ismail Haniyeh, avait reçu un appel téléphonique du ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, au cours duquel ils ont discuté de la manière d’utiliser tous les moyens pour mettre fin aux « crimes brutaux » commis par Israël dans le secteur.
Israël mobilise des chars et des forces près de la barrière frontalière autour de la bande de Gaza en préparation d’une invasion terrestre planifiée visant à éliminer le Hamas. Les craintes se sont accrues que la guerre entre Israël et le Hamas ne se transforme en un conflit plus large au Moyen-Orient au cours du week-end, Washington mettant en garde contre un grand danger pour les intérêts américains dans la région et annonçant le déploiement de systèmes de défense aérienne avancés. Le Pentagone a déjà envoyé une importante force navale au Moyen-Orient, comprenant deux porte-avions et les navires qui les accompagnent, ainsi qu’environ deux mille forces navales pour aider à dissuader les attaques lancées par les factions alliées à l’Iran.
Lundi, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a appelé à une augmentation rapide de l’aide pour la bande de Gaza, actuellement sous siège de l’armée israélienne. Il a souligné que la question d’un cessez-le-feu “humanitaire“ serait discutée par les Vingt-Sept dans un avenir très proche.
« Qu’est-ce qui est important? Plus d’aide, plus rapidement », a-t-il martelé soulignant que les quelques dizaines de camions qui étaient passés de l’Egypte vers Gaza étaient « insuffisants », ajoutant : « Personnellement, je pense qu’une pause humanitaire est nécessaire pour permettre à l’aide humanitaire d’être distribuée », a-t-il déclaré à son arrivée au Luxembourg pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE.
Mais c’est certainement aux États-Unis que le décalage entre le pouvoir et l’opinion publique est le plus frappant. Un sondage réalisé par Data For Progress montre que « 66% des électeurs (80 % des électeurs démocrates et 56% des républicains) sont d’accord avec le fait que les États-Unis devraient appeler à un cessez-le-feu et à la désescalade de la violence à Gaza afin d’empêcher la mort de civils ». Après sa visite éclair à Tel-Aviv, qui s’est apparentée à un blanc-seing à Benyamin Netanyahou, Joe Biden se trouve donc en contradiction totale avec sa base électorale, à un an de l’élection présidentielle.
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