Israël, où le secrétaire d’État américain a entamé une visite, a poursuivi jeudi son pilonnage de la bande de Gaza, promettant de « détruire » le Hamas, au sixième jour de la guerre déclenchée par l’offensive sanglante du mouvement islamiste palestinien.

Le conflit a déjà fait des milliers de morts et près de 150 otages.

Voici ce que l’on sait jusqu’à présent du conflit :

Déroulement de l’offensive

Le Hamas, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza et ennemi juré d’Israël, a lancé son offensive samedi à l’aube, en plein Shabbat, le repos hebdomadaire juif, 50 ans et un jour après le début de la guerre israélo -arabe de 1973.

Il a tiré un déluge de roquettes sur Israël pendant que ses combattants utilisaient des explosifs et des bulldozers pour franchir la barrière séparant Gaza du territoire occupé par Israel, attaquant des positions militaires et civiles.

A bord de véhicules, bateaux et paramoteurs, les combattants se sont emparés d’équipements militaires israéliens, s’infiltrant dans des zones urbaines d’Israël et des kibboutz dans le sud, jusqu’à une vingtaine de kilomètres de la bande de Gaza, une enclave pauvre peuplée de 2,3 millions d’habitants.

Réponse d’Israël

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, s’est engagé mercredi à « détruire » le Hamas, dont il avait qualifié la veille de l’offensive de « sauvagerie jamais vue depuis la Shoah ».

« Tout membre du Hamas est un homme mort », at-il lancé après avoir scellé la formation d’un « gouvernement d’urgence » et d’un « cabinet de guerre » avec Benny Gantz, l’un des principaux chefs de l’opposition .

Dans le cadre de son opération « Sabre de fer » lancée samedi, a multiplié les bombardements sur la bande de Gaza, mobilisé 300.000 réservistes et déployé des dizaines de milliers de soldats autour de l’enclave, faisant craindre une offensive terrestre.

A Gaza, plus de 338.000 Palestiniens ont dû fuir leurs domiciles à cause des frappes, selon l’ONU.

Combien de morts et de disparus ?

En Israël, plus de 1.200 personnes ont été tuées, pour la plupart des civils, selon l’armée israélienne.

D’après des ONG, plus de 100 personnes ont été tuées dans un seul kibboutz dans le sud d’Israël et selon les autorités au moins 270 lors d’une rave party près de Gaza.

Côté palestinien, 1.200 personnes sont mortes, d’après un dernier bilan des autorités de Gaza.

Mercredi, des ambulances ont été touchées, tuant quatre membres du Croissant-Rouge palestinien à Gaza, selon la Croix-Rouge internationale. Samedi, un chauffeur d’ambulance du Magen David Adom, équivalent israélien de la Croix-Rouge, avait été tué en Israël au volant d’une ambulance.

Selon l’ONU, 11 de ses employés ont été tués dans la bande de Gaza depuis samedi.

Le Hamas a annoncé que deux de ses responsables avaient été tués par des frappes israéliennes.

L’armée israélienne a affirmé avoir récupéré les corps de 1 500 combattants du Hamas autour de Gaza.

Au moins 20 Thaïlandais, 22 Américains, 11 Français, dix Népalais, sept Argentins, quatre Russo-Israéliens, quatre Britanniques, trois Chinois, trois Ukrainiens, trois Canadiens, deux Péruviens, deux Philippins, deux Brésiliens, un Cambodgien, une Espagnole et une Australienne, ont été tués depuis samedi selon les autorités de leurs pays respectifs.

Plusieurs pays ont entamé des opérations de rapatriement de leurs ressortissants bloqués en Israël et dans les territoires palestiniens.

Selon l’armée israélienne, environ 150 personnes, des civils et des militaires, ont été enlevées par des combattants du Hamas. De nombreux ressortissants étrangers sont portés disparus.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué jeudi être en contact avec le Hamas pour œuvrer à la libération des otages.

Quatre des otages aux mains du Hamas ont été tués dans les frappes israéliennes, a affirmé le mouvement palestinien.

Ce que dit le Hamas

Le Hamas a annoncé jeudi matin avoir riposté par des tirs de roquettes sur Tel-Aviv, après des frappes israéliennes ayant selon lui ciblé « des civils » dans deux camps de réfugiés de Gaza.

Le Hamas et le Jihad islamique avaient fait état mercredi de « tirs de roquettes nourris » visant le centre et le sud d’Israël, où un hôpital, à Ashkelon, a été touché.

Le Hamas a menacé lundi d’exécuter des otages israéliens « chaque fois que notre peuple sera pris pour cible sans avertissement » par des frappes israéliennes.

Les Brigades Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont annoncé avoir déclenché l’opération « déluge d’Al-Aqsa » pour « mettre fin aux crimes de l’occupation », en référence à l’occupation depuis 1967 par Israël de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, où se trouve l’Esplanade des Mosquées, le troisième lieu saint de l’islam qui abrite la mosquée Al-Aqsa. Gaza est soumise à un blocus israélien depuis plus de 15 ans.

« Nous sommes sur le point de remporter une grande victoire », avait affirmé Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas, au début de l’offensive.

Le mouvement a appelé « les combattants de la résistance en Cisjordanie » occupée ainsi que « les nations arabes et musulmanes » à rejoindre son combat.

Un « deuxième front » ?

A sa frontière nord, l’armée israélienne a bombardé mercredi des villages frontaliers dans le sud du Liban, en riposte à de nouveaux tirs de roquettes du Hezbollah pour venger la mort lundi dans un bombardement israélien de trois de ses militants.

Les Etats-Unis ont averti le Hezbollah de ne pas ouvrir un « deuxième front ».

Lundi, la branche militaire du Jihad islamique palestinien avait revendiqué une opération d’infiltration en territoire israélien depuis le Liban. « Plusieurs suspects armés qui s’étaient infiltrés » ont été tués, a indiqué l’armée israélienne.

Réactions

Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a entamé jeudi matin une visite de soutien en Israël, alors que les Etats-Unis ont déjà envoyé un groupe aéronaval près du pays allié et sont prêts « si nécessaire » à en déployer une seconde.

Ils « travaillent » par ailleurs avec Israël et l’Egypte pour permettre la sortie des civils de Gaza, selon la Maison Blanche.

Le Brésil, à la tête du Conseil de sécurité de l’ONU, a convoqué pour vendredi une nouvelle réunion de cet organisme, lançant un appel à protéger les enfants des deux côtés.

Le pape François a demandé la libération « immédiate » des otages aux mains du Hamas, tout en se disant « très préoccupé » par le siège de Gaza.

Israël ne se conduit pas « comme un Etat » dans la bande de Gaza, a fustigé le président turc Recep Tayyip Erdogan, en dénonçant les « meurtres de civils sur le territoire israélien ».

L’Egypte, l’Arabie saoudite et le Qatar affirment multiplier les contacts pour mettre fin à l’escalade. L’Allemagne a appelé Doha avec d’autres pays de la région à jouer un rôle pour libérer les otages.

L’Iran s’est placé en première ligne du soutien à l’offensive du Hamas, tout en rejetant les accusations sur son implication.

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