Mohamed Jaouad EL KANABIsamedi 14 octobre 2023 - 14:32
L’ancien émir terroriste Ali Benhadjar (émir local du GIA à Médéa où il fut très actif) a lu, au nom du Front islamique du salut (FIS) dissous, un communiqué daté du 30 septembre dans lequel il n’y va pas de main morte contre les dérives autoritaires du régime d’Alger.
Il a choisi Tik Tok pour communiquer avec ses compatriotes algériens et leur annoncer qu’il est toujours là, tapi dans la société. Le FIS est prêt à régir la destinée du pays selon l’ancien député du FIS et chef de maquis islamiste à Médéa et fondateur de la Ligue islamique pour la dâawa et le djihad (Lidd). Ali Benhadjar, l’un des fondateurs du FIS, avait contribué à la radicalisation FIS avec l’avènement Groupe islamique armé (GIA) lorsque le Front fut dissous.
Il fit alors ses armes de grand sanguinaire tout comme les militaires au demeurant, et contribua fortement à la décennie noire et au fur et à mesure de l’avancement de la guerre civile en Algérie, à travers le bras armé du FIS, le Groupe islamique armé (GIA) aux violences et l’extension du « jihad ». La barbarie de part et d’autre fut telle qu’elle fit un quart de million de victimes de ses violences qui allèrent en crescendo. Les premières cibles du GIA se sont avérées être les symboles de l’État (gendarmerie, police, armée…), avant que les islamistes en viennent progressivement à cibler et à s’en prendre tous leurs opposants, figures religieuses comme intellectuelles.
Cela dit dimanche, Ali Benhadji s’est chargé de lire le communiqué du FIS dissous. Il a appelé à la libération des détenus « des années 1990 », ainsi qu’à l’affranchissement des détenus d’opinion du Hirak. Ali Benhadjar a interpellé le pouvoir en place pour ouvrir le champ politique, la fin de la répression… Il en appelle même au respect des “libertés“.
Il semble que la dissolution du FIS par Mohamed Boudiaf n’ait guère suffi 40 ans après à annihiler l’organisation politico-terroriste et que la menace, une de plus, pèse toujours sur Le régime du duo sénile algérien qui s’accroche au pouvoir se voit s’ouvrir en face de lui, Iran aidant, une mouvance islamiste radicale qui ne désespère pas de prendre le pouvoir pour instaurer la république islamique. En effet, un autre front religieux islamiste après Abdelkader Bengrina (El Bina) et le MSP, il devra désormais composer avec le FIS, sans compter les mouvements rebelles indépendantistes de Kabylie (MAK, Rachad, GPK…).
Le régime d’Alger a bien des soucis à se faire, car “l’éternel ennemi“ peut venir également des frontières sud et de l’est, sait-on jamais avec tous les putschs alentour ces deniers temps. Cette sortie médiatique d’Ali Benhadjar vient en tous cas confirmer que le régime des capos algérien est de plus en plus en sursis, lui qui se croyait avoir mis fin à toute opposition de la société civile en pensant avoir liquidé les espoirs de changement pacifique du Hirak. Mais comme un incendie non éteint, les braises sont peu-à-peu de rallumer le feu. Quel sera la réaction d’Alger après coup pour tenter de sauver le régime du chaos militaire dans lequel il est plongé?
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